Santé,
environnement et société

L’agriculture
biologique a tout bon pour aider à mieux construire
notre futur. Le point sur les bénéfices réels
du bio, qui séduit une majorité de Français.

L’agriculture
biologique a une image très positive auprès
des Français. La preuve : près de 6 Français
sur 10 déclarent consommer des produits biologiques.
Et plus de 4 Français sur 10 déclarent acheter
au moins un produit bio par mois, comme le confirme le dernier
baromètre CSA de perception et de consommation des
produits biologiques en France.

Les
raisons de cet attrait pour les produits biologiques sont
nombreuses :

87%
des personnes interrogées pensent ainsi que les produits
biologiques sont plus naturels, sans produits chimiques.

87%
estiment qu’ils préservent mieux l’environnement,

82%
pensent qu’ils sont meilleurs pour la santé,

73%
qu’ils ont des qualités nutritionnelles mieux
conservées et enfin

61
% qu’ils ont meilleur goût... Un vrai plébiscite
!
Une agriculture durable


Les
bienfaits de l’agriculture biologique sont multiples
et tangibles, à commencer par ses effets positifs sur
la nature.

En
mai 2007, la FAO (Food and Agriculture Organization - Organisation
des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture)
a tenu conférence à Rome sur le sujet. Y étaient
conviés experts gouvernementaux, chercheurs et représentants
associatifs. Principale conclusion des spécialistes
: « l’agriculture biologique peut contribuer à
la sécurité alimentaire ». Si les conditions
politiques étaient réunies, l’agriculture
biologique pourrait donc produire suffisamment pour nourrir
la planète. Une affirmation qui vient tordre le cou
à de nombreux a priori sur l’agriculture biologique
!

Autre
conclusion annoncée au cours de cette conférence
: le mode de production biologique peut aussi atténuer
les effets du changement climatique. Plus encore, et toujours
selon la FAO : l’agriculture biologique protège
la biodiversité et stimule le développement
rural.

Pour
s’en persuader, il suffit de se pencher sur l’étude
menée par une équipe de chercheurs suisses (Fliessbach
et al référence peu claire.) qui a duré
21 ans. Ils ont évalué l’impact de l’usage
de pesticides sur la composition organique du sol en effectuant
une série de cultures par alternance de plusieurs types
de plantations (pommes de terre, orge, blé d’hiver,
betteraves et trèfle) sur des parcelles cultivées
selon des méthodes traditionnelles et selon des pratiques
biologiques interdisant tout traitement phytosanitaire. Pour
laisser le temps aux microorganismes de se développer
et au sol de se régénérer, l’expérience
a été conduite sur plus de vingt ans. A la fin
de leur étude, les chercheurs ont examiné le
contenu en matière organique du sol pour les deux types
de cultures. Ils ont relaté que la microfaune du sol
était jusqu’à 25 % plus abondante et plus
diversifiée dans les parcelles cultivées de
manière biologique par rapport à celles ayant
reçu des substances chimiques. L’usage intensif
d’engrais, pesticides et autres produits chimiques a
donc pour conséquence d’amoindrir fortement la
présence de micro-organismes dans le sol. Par effet
d’entraînement, plus le sol sera pauvre en matière
organique, plus les cultures auront besoin d’apports
tels que des phosphates et des nitrates. Inversement, le développement
de la microfaune permet un enrichissement du sol en nutriments
et ainsi une meilleure fertilité.
Plus naturels et meilleurs pour
la santé ?


Pour
les consommateurs, les produits biologiques, non contents
d’être respectueux pour l’environnement,
sont aussi plus naturels et meilleurs pour la santé.
Qu’en est-il réellement ? De quelles données
dispose-t-on aujourd’hui ?

Depuis
plusieurs années, les études scientifiques portant
sur le sujet s’accumulent peu à peu. Leurs résultats
se dirigent globalement dans la même direction : les
produits issus de l’agriculture biologique paraissent
avoir de meilleures qualités sanitaires et nutritionnelles
que celles des produits fournis par l’agriculture conventionnelle.

La
première raison de leurs bénéfices est
évidente : elle est liée aux méthodes
très respectueuses qu’emploie l’agriculture
biologique. Comme elle n’utilise aucun produit phytosanitaire
de synthèse, c’est-à-dire ni engrais ni
pesticides d’origine chimique, utilisés dans
l’agriculture conventionnelle, l’agriculture biologique
évite les risques qui leurs sont associés. Nous
disposons de nombreux résultats scientifiques sur la
dangerosité de ces produits. Parmi les multiples méfaits
dont on accuse les pesticides, le plus documenté concerne
leur rôle de « perturbateur endocrinien »,
néfaste pour les parasites mais aussi pour l’homme
! En 2003, l’Agence française de sécurité
sanitaire des aliments (Afssa), que l’on ne peut guère
taxer de complaisance, concluait, au terme de travaux conduits
sur 18 mois : « l’ensemble des études disponibles
montre que la grande majorité des produits biologiques
ne contient pas de résidus de pesticides autorisés
en agriculture conventionnelle ». Selon le rapport Afssa,
les légumes biologiques ont également des teneurs
en nitrates et des risques de contamination en métaux
lourds plus faibles que ceux issus de l’agriculture
conventionnelle.

L’agriculture
biologique est naturellement moins sujette aux contaminants
chimiques, potentiellement néfastes. Mais est-elle
pour autant meilleure sur le plan nutritionnel ? "Il
est avéré que les consommateurs de produits
bio sont en meilleur santé que les autres. Mais est-ce
grâce à un mode de vie reconnu comme plus sain
- repas mieux équilibrés avec moins de graisses
et de viandes, davantage de pain complet, de légumes
et de fruits frais ? Doit-on mettre en avant leurs habitudes
culturelles ? Ou bien les qualités nutritionnelles
des produits ?" s’interroge ainsi un directeur
de recherche de l’INRA. Si nous voulons creuser la question,
on s’aperçoit rapidement de la difficulté
à faire émerger une réalité simple
de l’ensemble des études dont on dispose.

Ainsi,
le rapport de l’Afssa souligne, sans aucune ambiguïté,
que les fruits et légumes biologiques sont nettement
plus riches en polyphénols, composés antioxydants.
Les fruits et légumes biologiques contiennent également
plus de micronutriments. Dans une plus faible mesure, ils
possèdent aussi davantage de fer, de magnésium
et de vitamine C. Des résultats confirmés par
une étude polonaise parue fin 2007.

Enfin,
une étude récente menée par des chercheurs
de l’Université de Californie (Davis) rapportée
dans le magazine Chemistry & Industry, a comparé
des kiwis cultivés dans un même verger exactement
à la même saison, mais selon les deux pratiques
différentes : bio et conventionnelle. Résultat,
les kiwis biologiques contiennent plus de polyphénols
(antioxydant naturel), plus de vitamine C et plus de minéraux
! Les différences constatées seraient dues au
fait que les kiwis non protégés par les pesticides
développent plus de mécanismes de défense
que leurs congénères chimiques, ce qui les amène
à fabriquer plus d’antioxydants.

Nul
doute que les nombreux chantiers engagés récemment
sur le sujet donneront des résultats similaires dans
les années à venir. Ils nous permettront de
mieux connaître les bénéfices réels
de l’agriculture bio.

En
attendant, l’idylle entre les français et le
bio ne fait sûrement que commencer. D’ailleurs
77% des Français estiment déjà que la
bio est une voie d’avenir face aux problèmes
environnementaux et 84% souhaitent que ce type de production
se développe. Car manger bio, c’est préparer
demain !
Témoignages
Alex,
37 ans, ingénieur
« Pour moi, manger bio, c’est un acte militant
pour préparer notre futur ! Car je pense que ce qu’on
fait aujourd’hui se voit demain ! J’attends un
enfant dans deux mois et je ne veux pas lui laisser une planète
polluée. Je ne cuisine désormais que des produits
bio. En faisant cela j’agis en cohérence avec
mon système de valeurs, fondé sur le respect.
Respect de la nature, des hommes, de ma santé... et
de mon bébé ! »
Laetitia,
32 ans, sophrologue
« Je consomme des produits biologiques par souci de
manger des produits dénués de pesticides. Également
pour des raisons écologiques car ce type de production
respecte la Terre et les saisons. Entre les produits biologiques
et les autres, je sens aussi une grande différence
de goût et de qualité. Par exemple, le premier
aliment bio que je me suis mise à acheter, c’est
l’avocat. En bio, ils sont toujours bons, alors qu’en
non-bio, au mois une fois sur deux, ils mûrissent trop
vite, pourrissent, deviennent farineux... L’agriculture
bio m’a aussi fait découvrir d’autres types
de légumes, la betterave crue par exemple. »